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mercredi 2 juillet 2008

Chronique d'une simple histoire de fesses


Une camionnette essaye de sortir de son emplacement et le conducteur, un de ceux qui ne doutent de rien et certainement pas de lui, recule et pousse la voiture garée derrière. Sur le trottoir d'en face une adolescente est figée debout face à lui dans une position quasi-neutre, elle n'a pas l'air d'attendre pourtant. Le type l'aperçoit, se dit qu'elle est trop jeune pour être la propriétaire du véhicule dont il vient de défoncer l'avant et reprend son activité de destruction. Seulement voilà la demoiselle semble bien regarder dans sa direction, agacé il descend de son véhicule et se dirige vers elle. Alors qu'il commence à l'agresser verbalement, la jeune femme baisse les yeux timidement et lui explique qu' elle était en train de regarder le couple de dos sur le trottoir derrière la camionnette. Elle précise même qu'elle les a vus par hasard, elle cherchait une station vélib. En effet l'adolescente est restée perplexe devant le fait que cet homme et cette femme qui n'ont pourtant pas la même taille, ont les fesses à la même hauteur. Le conducteur ne comprend pas, la traite de "petite conne", remonte dans sa camionnette, finit de la dégarer et démarre en trombe. La jeune fille regarde stupéfaite la camionnette s'éloigner dans la rue puis s'aperçoit que les deux fessiers ont malheureusement disparu ... mais il reste un vélo avec panier.

samedi 7 juin 2008

La Flaque

J'ai passé le début de soirée au bar. J'ai pris un premier verre de vin rouge puis la timidité aidant un deuxième. Une heure que le spectacle est terminé, les gens se sont naturellement répartis en petits groupes et bavardent. La populasse semble passer une bonne soirée. Il n'y a vraiment que dans mon groupe -constitué de moi seule- que l'ennui et la timidité semblent se marrer comme des baleines. Vite un verre! -Ah il n'y a plus de vin rouge? Euh... aucun problème: "Blanc sur rouge rien ne bouge!", n'est-ce pas?
J'ai souri, la personne affairée au service non. Bon! Vite un autre verre!
Il pique ce vin et puis j'ai un peu chaud! - C'est fou ce qu'il fait chaud ici!
J'ai souri, l'homme en face de moi aurait bien voulu mais visiblement il n'a pas réussi. Bon! Encore un verre, je m'y habitue à ce vin finalement par contre cette chaleur est insupportable. Je suffoque, il faut que je boive.
-Ah il n'y a plus d'eau? - Non, je vais voir s'il en reste dans la réserve. - Non ne vous dérangez pas je vais reprendre un peu de vin.
Oui je sais j'aurais dû répondre "oui merci" mais c'est la première fois depuis le début de la soirée que quelqu'un m'adresse la parole, ça m'a troublée. Bon! Un verre ne peut plus me faire de mal.
Je sens des gouttes de sueur perler sur mon front, si ça continue je vais fondre. Oui c'est ça je suis en train de me transformer en flaque. Heureusement c'est une flaque d'eau, j'espère que je ne sens pas le vin. Oh merde je suis en train de me répandre, moi qui voulais passer inaperçue, c'est franchement raté! Je grossis à vue d'oeil.
- C'est trempé ici!
- Ah, quelqu'un a probablement renversé un verre.
- Pas un seul, je dirais plutôt une carafe. Passe-moi le tas de serviettes en papier s'il te plait.
Eh voilà maintenant ils m'épongent, c'est affreusement gênant. Il faut "un tas de serviettes en papier" pour m'essuyer, j'ai honte, c'est si infantilisant. Je n'aurais pas dû boire! Je suis devenue un tas de serviettes chiffonnées et imbibées. J'ai investi un demi-salaire dans une robe de cocktail et je finis dans une poubelle de table. J'ai envie de pleurer, ce qui est la dernière chose à faire si je souhaite sécher au plus vite. Je n'aurais pas dû boire!

mercredi 12 septembre 2007

Petit échange entre Suzanne et elle-même

-Qu'est-ce que tu fais?
- Je regarde par la fenêtre.
- Que fais-tu?
- Je regarde par la fenêtre.
- Les volets sont fermés!
-C'est possible...

lundi 3 septembre 2007

Quand Suzanne fait son autoportrait !


Description physique : Des yeux ronds très grands qui grignotent chaque jour un peu plus le reste de son visage. Un front blond. Quant à sa silhouette : R.A.S.

En son for intérieur : C'est une gare immense mais vide. Il y a une dizaine de quais mais pas un seul train. Il y a des guichets mais personne derrière ce qui n'a aucune importance puisqu'il n'y a pas l'ombre d'un voyageur. Seule au milieu du hall, sa valise à la main elle se dit que forcément le chauffeur de taxi s'est trompé.

dimanche 26 août 2007

Dans la peau de Rebecca


Piensa en mi. Rouge puis noir, je ferme encore les yeux tous les soirs pour entendre le bruit de ses talons, les aiguilles sur le parquet.

Elle a raison, il faut que je traite différemment mes problèmes avec les hommes. Plus de clic-clic, plus de couic!

Letal, El juez, Hugo, Eduardo; la multitude et le grain de beauté sur le gland appartiennent déjà à l'avenir.

"Si tienes ganas de llorar, piensa en mi"

Je pense à toi et je constate qu'ils sont hauts tes talons aiguilles.


vendredi 17 août 2007

dimanche 12 août 2007

Le pourquoi du comment ça va de Suzanne

- Comment ça va?
- C'est à moi que vous vous adressez?
- Vous ne souhaitez pas me répondre?
- Pourquoi? Pourquoi souhaitez-vous savoir comment je vais?
- Est-ce si terrible de demander à une jeune femme comment elle va?
- Vous attendez une réponse? Qui vous envoie?
- Pourquoi serais-je envoyé par quelqu'un? Pourquoi me privez-vous de l'initiative de cette question?
- Est-ce que nous nous connaissons?
- Cela changerait-il quelque chose?
- N'est-il pas normal de s'inquiéter de savoir comment se porte une connaissance?
- Souhaitez-vous me connaître?
- Me prenez-vous pour ce genre de personne?
- C'est amusant : "ce genre de personne" dites-vous? Pourquoi refusez-vous de répondre à ma question? Vous êtes orgueilleuse, je vois juste?
- Avez-vous conscience que votre comportement est déplacé? Si j'allais mal vous seriez embarrassé, n'est-ce pas? N'auriez-vous pas été gêné si à votre "comment ça va?" je m'étais effondrée en larmes? N'avez-vous pas songé un seul instant que je pouvais aller mal?
- Pensez-vous avoir l'apparence de quelqu'un qui va mal?
- Le pensez-vous? Seriez-vous assez sadique pour vouloir me faire pleurer devant vous alors que nous ne nous connaissons pas?
- Pourquoi voyez-vous le mal partout?
- Pensez-vous que le fait que je ne sois pas malheureuse vous excuse? Et si j'étais follement heureuse mais que mon bonheur soit intime, votre question ne serait-elle pas une fois encore déplacée? Pourquoi refusez-vous d'admettre que votre "comment ça va" est obscène?
- Etes-vous heureuse?
- Comment osez-vous? Et si je n'étais ni heureuse ni malheureuse, ne serait-il pas abject de votre part de me faire prendre conscience de la médiocrité de mon état? Qu'attendez-vous? Pourquoi cette question?
- Bon si je m'en vais, me promettez-vous de ne pas m'oublier?

mardi 7 août 2007

Non, merci

C'est étrange je ne sais pas dire merci, d'aussi loin que je me souvienne je n'ai jamais eu à remercier quelqu'un. Je ne ressens pas de besoin, encore moins d'obligation.
Peut-être que si un jour quelqu'un me sauvait la vie (en présupposant que je tienne à rester en vie), oui peut-être qu'un événement d'une telle importance (je présuppose donc que je tiens fortement à la vie) pourrait faire naître en moi quelque chose qui me donnerait l'envie de remercier cette personne. Encore faudrait-il que le mot me vienne à l'esprit, je ne suis pas habituée. Il faudrait que je sois drôlement émue pour avoir envie de dire merci et à celà s'ajouterait le bouleversement causé par cet élan naturel de gratitude naissant en moi. Encore faudrait-il que l'émotion engendrée par l'envie de remercier n'étrangle pas ma voix.

Le cauchemar du tabouret (sans même un verbe pour se défendre)

Pas très stable comme chaise, plutôt l'air d'un tabouret, un tabouret pour sûr, pas de chance! Pas l'impression que la longueur de mes jambes ou bien la hauteur de mes pieds, ça alors pas de chance; ça non un tabouret tout pourri et trop haut en plus...et les trois pieds pas pareils, un plus court.
Bon la consigne : le cul sur la chaise (un tabouret en l'occurence). La chaise ou rien, si pas de chaise, pas de rendez-vous. Posé sur le tabouret et mes pieds si loin du sol, de la MERDE ce tabouret! Mais qui, ça alors qui? Un rendez-vous sur une chaise pourrie, qui?
15h45 sur la pendule et toujours rien!... poutant assis avant 15h30, habillé élégamment, aucune erreur.
Et toujours rien et pas stable ce tabouret de con.
D'un coup encore moins stable, une rébellion? PAS DE REBELLION POUR LES MEUBLES ! (très drôle : pas de rébellion pour les meubles!) Marre de cette chaise, même pas une chaise, un ta-bou-ret MINABLE.
Et ce rendez-vous? Et la lettre? Et la lettre pour ce rendez-vous? Mais qui? Pourquoi? Et pourquoi sur ce tabouret?
Rien à foutre du tabouret, un homme libre moi, tant pis pour le rendez-vous! A la maison!
Oh non, mon pantalon ... mon pantalon collé à la chaise, toute la journée sur cette chaise, même pas une chaise, un tabouret, un vilain tabouret, toute la nuit sur un tabouret de merde. Et si personne, alors ... toute la vie?
Tant pis pour le pantalon.................................ma main collée à la braguette? Pourquoi? Pourquoi une belle lettre pour un faux rendez-vous sur un tabouret de merde? Pourquoi le pantalon collé au tabouret, la main collée à la fermeture éclair du pantalon? Qui? Un ennemi pour sûr, mais qui?
La réponse sur la lettre, mais bien sûr!.............................la lettre collée dans la poche du pantalon et mon autre main.......indissociable de la poche car collée aussi. Seulement deux mains, les deux collées! fichu, complètememt fichu!
LE LIEN : toujours le pantalon, à chaque fois le pantalon: le pantalon collé au tabouret, à la main, à la lettre, à l'autre main; le pantalon collé à tout.
Tant pis à la maison avec le tabouret collé aux fesses, de l'art contemporain pour les voisins curieux!
Oh non!..................... le tabouret collé au sol.......une larme sur ma joue gauche.

Petit échange entre Suzanne et...elle-même

- C'est étrange non?
- Oui c'est vrai.
- Les chats ne meurent jamais d'ennui
- Non surtout deux fois de suite. Jamais...
- C'est étrange... un chat qui n'aurait pas retenu la leçon ... peut-être
- Et pour l'ennui?